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Hors compétition... enfin !

Mon parcours pour obtenir mon diagnostic...

Responsable de quoi ?

La série d'Arte « En thérapie » me rappelle chaque fois cet ancien psychiatre Barbe Noire...

Combien durant 6 mois de suivi il a été capable du meilleur accueil intellectuel (j'ai appris plus tard que cela s'appelle la phénoménologie, et que c'est issu de la philosophie... - et comme les questions que je me pose sont souvent d'ordre philosophique, je comprends bien que cela s'accordait bien dans la relation que j'avais avec lui).

Et puis un jour, d'une manière totalement inattendue pour moi il s'est mis à me sortir un petit laïus psychanalytique au possible, citant Freud, Lacan et Œdipe...

Cela m'a vraiment donné l'impression qu'il allait à l'inverse de tout ce qu'il avait fait jusqu'à présent (qui m'avait permis de lui faire progressivement confiance et lui partager mon monde, ma vision des choses), et ce jour-là qu'il a vraiment joué la division... en brandissant une théorie dogmatique sexiste et homophobe.

Mais mon cerveau de TDAH très curieux, qui a envie d'apprendre, intéressé par la nouveauté vient de me proposer une autre lecture de sa manière d'agir :

et si ce que je vois comme une division, une séparation entre ce psychiatre et moi était tout simplement sa manière tragique de nourrir son besoin d’appartenance ?

(puisque pour la CNv, nos actions - même lorsqu'elles ont des effets guère heureux - ont comme motivation première de nourrir des besoins que nous avons...)


Diviser, c’est faire 2 camps et dire « moi je suis dans ce camp-là » pour dire « je ne me sens pas tout seul »… à croire que ça lui faisait peur mon monde, surtout en découvrant mon passé original et aussi mon présent original.

C’était peut-être sa manière de retrouver des repères, du sens, car il n’en trouvait pas dans ce que je venait de lui partager de mon passé… en se raccrochant à ce qu'il a appris durant ses études (la psychanalyse) pour tenter d'y trouver un sens, et aussi au passage se sentir utile en proposant un lien que je n’aurais peut-être pas encore fait par moi-même... Sauf que non, pas de bol, c’est loupé !

Se référer à la psychanalyse a probablement été son moyen de nourrir son besoin d'appartenance et de repères.

De mon côté je trouve ça dommage, c’était un signe de grande confiance que de lui partager mon passé… mais c’est comme ça, nos chemins n’étaient pas faits pour se côtoyer bien longtemps, juste quelques mois le temps d’avoir un diag’ de TDAH, un traitement qui m'aide, de surmonter l’envol de Douce, de trouver Frisette pour m’accompagner :-)

Jusqu’où va ma responsabilité dans une relation ?

Je vois que j'ai ce rêve, cette illusion, de me dire que si j’avais su exprimer en terme de « besoin/j’aime vivre l’acceptation de qui » je suis à ce psychiatre, notre relation aurait pu éviter ce écueil sur lequel elle est venue buter… mais peut-être pas. Il sait que l’accueil est important pour moi, il m’en a donné beaucoup. Ce jour-là il a fait un autre choix.

Comme si nos priorités, nos valeurs ne correspondaient plus, ne s’accordaient plus… que j’avais dépassé sa capacité à être spectateur des choses plutôt qu’un acteur qui se sent utile... (puisque Frisette ressent ça aussi parfois dans nos séances mais peut l'exprimer et travailler dessus en supervision).

Non ma valeur personnelle ne dépend pas de ma capacité à réussir à maintenir une relation ou non… quand bien même cette relation était très satisfaisante au départ.

Ça fait bizarre.

À la fois ça dépend un peu de moi (bien sur que oui si je veux la saboter, je peux), et à la fois non…

Un peu comme la relation avec un animal de compagnie… j'ai beau prendre soin de lui/d’elle de la meilleure façon qui soit, bien satisfaire ses besoins alimentaires, d’activité physique, de relations sociales, les soins vétérinaires dont il/elle a besoin chaque fois que c’est nécessaire… il n’empêche qu’un jour il/elle finira quand même par mourir !

Donc oui ça dépend un peu de moi de contribuer à lui apporter une belle et longue vie en santé, mais pas complètement puisqu’un jour finit toujours par arriver (plus ou moins tardivement) où il/elle ne sera plus là physiquement à nos côtés…

J’en reviens à l’idée du deuil, d’accepter et reconnaître l’inéluctable, de ce qui ne dépend pas de moi, même si j’aimerais tellement que ça dépende de moi car cela voudrait dire qu’il y a encore quelque chose à faire, à tenter, pour réparer, remettre les choses sur le chemin d’une relation harmonieuse entre nous… mais nous n'avons pas les mêmes valeurs, les mêmes priorités, et il arrive parfois que le fossé qui se creuse en cours de route devienne trop grand.

L'image idéalisée de la CNv serait d’être en capacité d'entendre les besoins de l'autre quelque soit la manière dont cette personne s'exprime (y compris de manière chacal) et d'y répondre dans une relation de coopération...

Mais non car l'écoute empathique demande des moyens, un élan, du temps et de l'énergie que nous n'avons pas toujours pour l'autre... De même pour ce qui est de contribuer à satisfaire ses besoins : il n'y a pas de compétition entre les besoins, mais je ne serai pas toujours la personne la mieux placée pour répondre aux besoins (et donc attentes) de l'autre... si moi je suis épuisée et donc j'ai besoin de me reposer, de dormir, alors que l'autre a besoin de parler là maintenant par exemple.

Au final, oui je suis responsable de ne pas continuer une relation qui m'apporte plus de négatif que de positif, mais lorsque j'accepte une relation, il y a une part de ce qui s'y passe qui ne dépend pas complètement de moi (la manière dont l'autre va réagir, ses besoins prioritaires du moment, ses valeurs qui peuvent évoluer, surgir...)

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