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Hors compétition... enfin !

Hors compétition... enfin !

Mon parcours pour obtenir mon diagnostic...

Les « intérêts spécifiques »

La découverte de l’existence de ce qu’on l’on appelle les « Intérêts Restreints » dans le Syndrome d’Asperger (et dans l’autisme de façon plus générale) a été une révélation pour moi !

Je ne trouvais pas ça normal de passer autant de temps (des journées entières) à lire et faire des recherches sur un sujet qui m’intéresse (que ce soit les chevaux, le végétarisme, les huiles essentielles, le développement personnel, le Syndrome d’Asperger…) car il ne me semblait pas que les autres faisaient cela, et je ne connaissais personne d’autre que moi qui agisse de cette manière…

Dans les moments où je suis très concentrée sur mon sujet d’intérêt, je mange ce qui me tombe sous la main pour calmer la faim (quand elle vient me déranger), et heureusement que j’ai ma chienne à sortir sans quoi je ne sortirais pas de chez moi de la journée…

J’ai un certain nombre de sujets qui me passionnent profondément (auxquels je reviens par périodes), c’est pourquoi je trouve l’adjectif « restreint » peu adapté… Ces intérêts sont aussi parfois appelés « intérêts spécifiques » ou « intérêts spéciaux »… et si je devais choisir un qualificatif, je dirais « intérêts intenses » !

Un intérêt intense est une sorte d’obsession, quelque chose auquel on pense tout le temps, un sujet sur lequel on veut tout savoir (ah quelle chance j’ai de vivre à l’ère d’internet !)

Les « intérêts spécifiques »

Et je me suis fait la remarque récemment que ce côté obsessif pouvait aussi parfois concerner une personne avec qui je me suis liée d’amitié (personne que j’ai rencontrée grâce à une passion commune comme les chiens ou les chevaux par exemple !) : on s’entend bien, et j’ai envie de tout savoir sur lui (oui c’est le plus souvent une amitié avec un homme - les Aspergirls ayant plus souvent des amitiés avec des hommes qu'avec des femmes... ).

Et oui, c’est évident maintenant ! Déjà à l’âge de 17 ans, ma première relation amicale, la première personne à qui j’ai fait suffisamment confiance pour lui faire des confidences, un ancien prof que j’avais eu l’année précédente et qui par son jeune âge (24 ans) se sentait plus proche de ses élèves que de la moyenne de ses collègues…

J’étais donc au lycée, j’avais un copain depuis 1 an, et pourtant je n’arrêtais pas de parler sans cesse de ce prof que je trouvais passionnant (non seulement la matière qu’il enseignait - qui m’a toujours passionnée -, mais aussi sa façon d’être, de parler facilement, de faire confiance facilement, d’être à l’écoute…) : mes copines d’internat me disait que je « filais un mauvais coton »… non seulement je ne comprenais pas ce que ça voulait dire (et j’avais retenu « filer du mauvais coton ») mais en plus je ne voyais pas du tout ce qu’elles trouvaient inquiétant ! Moi j’étais aux anges de vivre une telle intensité, et il a toujours été clair pour moi que je n’avais aucun sentiment amoureux pour ce prof, j’aimais nos échanges passionnés, c’était une « amitié passionnée »… (je comprends maintenant que personne ne peut comprendre et que tout le monde prend cela pour un sentiment amoureux !)
Ah... quelle chance nous avons de vivre une telle intensité, une telle passion :-)

Il a aussi eu le « privilège » de découvrir mes « bugs » : quand je me sens blessée par ce qu’une personne de confiance m’a dit (ou a fait) et que je ne peux plus parler car en état de choc, mon cerveau émotionnel paralysant tout le reste de mon cerveau (comme l’explique bien le docu-fiction « Le cerveau d’Hugo »).

Je me souviens qu’il a déjà parlé de ces épisodes en disant que je « faisais mon autiste », donc lorsque la piste du SA est arrivée dans ma vie, je l’ai recontacté pour lui demander s’il s’en souvenait… il m’a dit que oui, et qu’il se sentait désemparé de ne pas pouvoir m’aider…

Il m’a aussi dit que son fils avait des traits autistiques, et qu’en s’informant sur le sujet, il a découvert que lui également avait certains traits autistiques comme celui de parler d’un sujet qui le passionne sans tenir compte des signes d’ennui de ses auditeurs… (moi je voyais ça juste comme le fait qu’il était passionné ! )

C’était amusant d’apprendre que mon 1er ami a des traits autistiques...



Et encore actuellement, il m’arrive d’avoir une relation amicale passionnée, où l’autre est tout le temps présent dans mes pensées… mais j’essaie de me modérer, de ne pas lui poser toutes les questions que j’aurais envie de lui poser !

Je comprends que cet intérêt intense et sincère que je porte à la personne lui soit bien agréable, et en même temps puisse lui faire peur ou faire naître en lui des sentiments… et donc une certaine frustration (vu qu’ils sont bien plus souvent hétérosexuels que gays !).

Donc oui, parmi les « intérêts restreints » peut se trouver une relation amicale, une personne qu’on apprécie tellement qu’on a envie de savoir tout d’elle, qu’on a envie de passer tout notre temps à échanger avec elle…

Sur un groupe de discussion entre Aspergirls, la question a été posé de savoir quelle est la différence entre une relation amoureuse « normale » et une relation amoureuse relevant d’un intérêt restreint…

J’avoue qu’autant pour les relations amicales, j’arrive bien à voir la différence entre :
=> un·e ami·e avec qui j’ai des contacts de temps à autre et auquel/à laquelle je ne pense pas en dehors de nos échanges,
=> et un ami « intérêt restreint » qui me passionne, m’obsède…
autant au niveau amoureux, je ne sais pas comment faire la différence, puisqu’une relation amoureuse est déjà passionnée (il me semble !).

Les « intérêts restreints » sont fondamentaux pour l’équilibre psychologique d’une personne Asperger, autant que le sont les échanges avec d’autres humains pour les personnes non autistes (qu’on qualifie de « neurotypiques » - par opposition aux autistes qu’on qualifie parfois de « neuroAtypiques »).

Voici l’image qui m’est venue pour tenter d’illustrer sur quoi repose notre équilibre psychologique…
(merci à Pixie d'avoir réalisé ce très joli dessin !)

Les « intérêts spécifiques »

Une personne neurotypique a beaucoup de relations humaines (familiales, amicales…), donc lorsque l’une d’entre elles tombe à l’eau, ce n’est pas aussi bouleversant pour son équilibre que pour un Asperger dont la relation amicale « intérêt restreint » tombe à l’eau...
(ce qui arrive parfois, et dans ce cas, le salut est de se réfugier dans ses autres intérêts restreints non humains, qui eux sont moins exigeants - en effet, on peut les laisser en plan pendant des mois et y revenir sans qu’ils ne se vexent !).

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