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Hors compétition... enfin !

Hors compétition... enfin !

Mon parcours pour obtenir mon diagnostic...

Oh Aspie Days !

Je reviens de 2 jours dans un autre monde... un monde merveilleux où j'ai eu le droit d'être moi, d'avoir des difficultés incompréhensibles aux yeux de la majorité des humains peuplant cette planète, mais dont je me sentais libre de parler car j'étais au milieu de personnes vivant le même genre de difficultés (que ce soit elles-mêmes directement, ou un de leurs proches).

Ce monde où on se sent compris de l'intérieur, par les conférenciers non autistes qui sont intervenus, par les conférencières Aspies, et aussi par les témoignages des personnes présentes dans le public...

Ce fut un choc émotionnel positif qui augmenta crescendo durant ces 2 jours... avec l'envie de ne jamais quitter ce paradis perdu !

Oh Aspie Days !

Le premier jour, la conférencière Aspie fut la québécoise Marie-Josée Cordeau, qui décrit si bien l'anxiété permanente, le besoin de prévoir le programme de la journée, et à quel point elle a horreur des visites surprises ! (peu importe la personne qui se présente - c'est l'imprévu qui est perturbant et stressant)

En fin de journée a été projeté un documentaire réalisé par l'association organisatrice, l'Ass des AS. J'ai regretté qu'encore une fois il n'y ait que des garçons/hommes Aspies... mais j'ai apprécié les 2 moments où les parents ont parlé du fait que leur enfant Aspie était prévenant avec les autres, les plus jeunes (et oui le mythe du « manque d'empathie » est encore tenace... avec la confusion entre la maladresse pour réagir dans une situation émotionnelle donnée, et le manque de ressenti des émotions et de prise en compte de l'autre).

Le deuxième jour, la conférencière Aspie fut la bien connue Julie Dachez qui nous a fait l'honneur de nous présenter une des études qu'elle a faites pour l'obtention de son doctorat de psychologie sociale, sur le sujet des stratégies d'adaptation (vivement mardi que je puisse regarder à nouveau la conférence qui sera mise en ligne sur internet !).

Je me suis tellement reconnue dans ce qu'elle décrit :

> oui les heures passées à se consacrer exclusivement à ses « intérêts spécifiques » sont un moyen de se déstresser, et de retrouver une estime de soi... (enfin il existe un domaine où l'on comprend sans difficultés !)

> la recherche d'un diagnostic aussi, qui plutôt que « d'enfermer dans une case », condamner à porter une étiquette est au contraire un soulagement de savoir que notre fonctionnement si différent des autres personnes qui nous entourent est tout à fait « normal » vu le handicap invisible avec lequel on doit composer pour survivre en société

> la recherche de soutien auprès de personnes atypiques (que ce soit d'autres Aspies, des HPI, des LGBT... enfin toutes les personnes marginalisées car elles sortent des « sacro-saintes normes » de notre société obsédée par la normalité)

> la recherche de soutien après d'animaux de compagnie

> l'intellectualisation, la réévaluation de nos pensées pour moins souffrir

(et l'humour, pour lequel il faut déjà avoir un diagnostic officiel et aussi de l'inspiration !)

Une autre chose aussi qui m'a mise les larmes aux yeux à la fin de la dernière journée, c'est le témoignage d'une femme du public exprimant son ressenti en matière de relation amoureuse, le fait que l'autre ne sera pas forcément prioritaire par rapport à nos « passions » (ou « intérêts spécifiques »), à moins que la relation soit fusionnelle, ce qui n'est pas une bonne chose dans la durée... J'ai moi aussi ce ressenti très fort que dans mes relations personnelles (amoureuses ou amicales), je suis :
=> soit fusionnelle (en essayant d'anticiper les attentes de l'autre puisque je sais bien que je ne suis pas dotée d'un détecteur de ce que les gens en général attendent comme fréquence d'échange par exemple)...
=> soit distante puisque je suis « dans mon monde » et que l'autre me manque alors beaucoup moins que ce que je lui manque (d'où l'impression désagréable pour l'autre que je ne lui manque pas).

Ah si seulement les gens osaient demander plus explicitement ce qu'ils attendent, exprimer plus clairement leurs besoins (comme nous y encourage la Communication NonViolente), cela faciliterait tellement la vie de tous (autistes et non autistes !)

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Béa Mel 23/02/2017 13:20

Merci Wendy pour ton témoignage. Je suis maman d'un garçon Asperger de 17 ans, je suis neurotypique mais j'ai ressenti la même chose que toi lors du témoignage de Sofia. Je cherchais des réponses, des pistes pour mieux comprendre mon fils et ce monde merveilleux dans lequel nous sommes "tombés" il n'y a que 4 ans lors du diagnostique. Je dis merveilleux car cette "aventure" m'a ouvert l'esprit m'a fait découvrir un monde riche. Quand Sofia a témoigné concernant les relations amoureuses et amicales, j'ai eu comme un déclic, j'ai été apaisée car je me faisais beaucoup de souci pour " le futur" de mon fils en terme de relations amoureuses. Ce que Sofia a dit était tellement juste. Après ces deux jours formidables, je ne suis plus la même. J'ai été tellement émue par les témoignages. Je me suis rendue compte qu'il y avait plein de pistes à explorer. Je me sentais démunie face aux adversités que rencontre Thomas au quotidien, je suis sortie de ce salon plein d'espoir. Merci à Wendy pour ton blog. Tu exprimes tellement bien ton ressenti. Il m'est précieux car mon fils a du mal a s'exprimer et j'aimerai davantage le comprendre, savoir ce qu'il vit. Quand je lui montre des témoignages comme le vôtre, il s'y reconnait. Alors encore merci merci merci.

Wendy 23/02/2017 20:24

Merci de ton commentaire Béa, je suis si touchée...

Je n'ai pas encore de diagnostic (j'ai bien fait un bilan au CRA de ma région mais qui est très psychanalytique et ne connaît rien à l'extrémité invisible du spectre qui concerne les femmes adultes Haut Potentiel Intellectuel - lors de la restitution, la psychomotricienne m'a dit que je compensais bien mes difficultés ce que les Aspergers ne savent pas faire... mais pourquoi parlerait-on d' "extrémité invisible" dans ce cas ?).

Je suis ravie de savoir que mes paroles peuvent aider des personnes à faire passer leur ressenti à leur entourage.

Un livre que j'ai trouvé très intéressant est "Sais-tu pourquoi je saute ?" de Naoki Higashida :-)
As-tu eu l'occasion de le lire ?

Sofia Paz 23/02/2017 08:43

Magnifique compte-rendu des Aspie Days :'-)

Wow... je suis très touchée de lire un commentaire sur mon intervention parmi le public, sur la question des relations amoureuses!

Wendy 23/02/2017 09:52

Je n'en reviens pas !!!
Le premier commentaire sur mon blog... et de quelqu'un de si spécial pour moi !
(je me suis tellement reconnue dans tes propos que je n'avais encore jamais entendu précédemment, et il y a quelques jours, je me suis dit "zut, j'aurais dpu aller la voir pour qu'on puisse échanger... et te voici sur mon blog... Je n'en reviens pas !!! Merci Merci Merci !)

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